Mais la Tunisie est aussi pour nous une illustration : « En Tunisie, le peuple populiste exige que ses dirigeants s’en aillent tous. Il a gagné la première manche. Le président est parti. Ce n’est qu’un début. Une révolution est commencée en Tunisie. Son contenu social est clair. Mais son préalable démocratique tout autant. Les tunisiens veulent des élections libres. Oui, des élections ! La révolution tunisienne en cours est une révolution citoyenne. La possibilité de choisir eux-mêmes sans contrainte ce qu’ils veulent. C’est ce que l’on nomme la souveraineté. La question de la démocratie est la forme que prend la question sociale. Pour pouvoir régler les problèmes concrets de leur vie quotidienne, les tunisiens pensent qu’ils sont capables de choisir comment faire puisque le pouvoir en place en est incapable. Incapable et accaparé par un petit nombre. Cette simple démarche met le feu aux poudres. Naturellement peu nombreux ici sont ceux qui ont l’air de comprendre que cette façon de faire pourrait bien un jour traverser la méditerranée. Cela se fera, n’en doutez pas. »(Jean Luc Melenchon)
Je partage l’orientation adoptée par le PGE (Parti de la Gauche Européenne) :
En Tunisie, une courageuse et impressionnante mobilisation de la jeunesse et de tout le pays vient d´obtenir le départ du dictateur Ben Ali. Le Parti de la gauche européenne salue cette première victoire populaire.
Le peuple tunisien a payé cher son combat citoyen, par des dizaines de morts et des centaines de blessés, et nous saluons leur mémoire.
Cette première victoire doit déboucher sur la fin réelle et définitive de tout le régime dictatorial, oligarchique et corrompu de Tunisie.
La révolte citoyenne des Tunisiens qui veulent un véritable changement démocratique et populaire et le partage des richesses va continuer d´exiger pour cela notre solidarité.
Le PGE appuie les demandes des démocrates tunisiens pour la libération de tous les prisonniers politiques, la promulgation d´une amnistie générale et le retour des exilés ; pour des élections libres et démocratiques dans les 6 prochains mois ; pour l´abrogation de toutes les lois liberticides ; la fin de la corruption et le jugement des responsables de ce système gangréné.
Cette crise est aussi le résultat des diktats du FMI depuis les années 1980 et 1990 avec l'austérité pour les budgets sociaux et les salaires, les privatisations pour le patronat, l'injustice et la misère pour une grande partie du peuple.
Le PGE réaffirme sa pleine solidarité avec l'ensemble des démocrates tunisiens qui agissent afin d'ouvrir une perspective de progrès social et de démocratie réel en Tunisie.
Ce qui se passe aujourd'hui en Tunisie constitue un sérieux rappel à l'ordre pour l'Union européenne et pour sa politique d'association avec les pays du sud. Cette révolte populaire témoigne de l'échec flagrant d'une politique entièrement tournée vers l'objectif d'une zone de libre échange de conception néo-libérale vouée aux intérêts des multinationales et du capital privé, incapable de construire les conditions d'une coopération positive pour les peuples des deux rives de la Méditerranée.
C'est l'ensemble de cette politique euro-méditerranéenne qu'il faut refonder au regard de la signification des heures graves que vit en ce moment la Tunisie mais aussi l'Algérie, elle aussi marquée par des mouvements sociaux et des attentes populaires légitimes.
L' Union Européenne n'a pas d'avenir sans un véritable partenariat d'intérêt mutuel des peuples des deux rives de la Méditerranéenne, dans l'exigence démocratique et l'égalité.